Présentation

Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 21:33
Salut mon cœur !

Désolé de ce long moment d’absence…tu sais ce que c’est, tu te lèves le matin avec une idée en tête, tu arrives au boulot et quand tu relèves la tête il est déjà l’heure de partir… C’est ce que je vis depuis des semaines. Heureusement que j’aime ce que je fais !

La dernière fois, j’en étais resté aux joies de la chasse aux victuailles fraîches, tel le chasseur traquant sa proie, la chasse aux produits est une aventure quotidienne. Mais quelle satisfaction au moment de l’hallali ! Eh ben c’est le même combat pour les achats de produits courants.

Je ne sais plus si je t’en ai déjà parlé ou non (c’est l’âge…la mémoire me joue des tours), mais depuis que nous avons emménagé dans notre ghetto de luxe, nous sommes à la recherche d’une brosse à chiotte et d’un truc pour les déboucher (comment ça s’appelle ?). Facile me diras-tu, c’est le genre de trucs basiques et vitaux. Que nenni ! Rien n’est basique ici ! Des semaines et des semaines à l’affut ! Nous avons écumé tout ce que La Havane compte de supermarchés et drogueries, en vain, jusqu’à ce que, miraculeusement, ma biscotte mette la main (c’est une image) sur une brosse en kit made in China !!! Alléluia ! Allez l’OM ! Hosannah in excelcis deo ! toiletum recurare potent.

Ne restait plus que la ventouse pour déboucher les gogues que ma fille s’évertue à boucher…Mais qu’est-ce qu’elle mange ? Enfin, veni, vedi, vici comme disait l’autre, nous trouvâmes opportunément et surtout, finalement, l’outil tant attendu ! Le guerrier peut se reposer.

Alors, les supermarchés…euh…bon, en fait on va dire qu’il y en a 3 principaux : Le  5ta y 42, le 3ra y 70 et le Palco (je ne rentre pas encore dans les détails directionnels, tu te perdrais). Les autres servent de backup quand on recherche quelque chose de précis et on y trouve également des produits que les trois grands précédemment cités n’ont pas toujours (non, non, il n’y a aucune logique dans tout ça).
Tout dépend des approvisionnements et des arrivages de marchandises par bateaux en provenance d’Europe ou du Mexique, Vénézuela, Panama, etc. Il y a peu, il y a eu un arrivage de produits Leader Price (vendus aux prix de Fauchon…) et ça a été la fête au ghetto ! On trouve donc du pseudo Nutella, des jus de fruits pleins de colorants et d’acidulant, des yahourt au goût artificiel de fruit, etc. Yeah !!!!
Mais, les stocks s’épuisent vite…D’autant plus vite que dès que le mot est lâché, c’est la foule pour s’approvisionner ! Il faut donc faire le guet et remplir le coffre de la voiture pour tenir jusqu’au prochain arrivage. C’est ainsi que, dès qu’il y a du lait frais, c’est pire que la ruée sur l’Oklahoma dans Lucky Luke !!!

Dernièrement, le mot est passé que la machine de l’usine cubaine qui fabrique du PQ était cassée (on le tient de source sûre, l’une des caissières d’un des supermarchés, c’est pour te dire !) et qu’il y allait avoir une pénurie bientôt…Aussitôt dit, aussitôt su…il n’y a plus de PQ dans les rayons ! Heureusement, au ghetto, nous avons des bidets pour dépanner.

Ainsi, donc, par conséquent, entre deux arrivages, les rayons se vident et les supermarchés prennent une connotation soviétique de la grande époque URSS, des mètres et des mètres de rayonnages vides…En fait, et pour conclure parce c’est pas tout mais je dois quand même justifier mon salaire, les seuls qui n’ont pas l’impression de manquer de quoi que ce soit ici ce sont les diplomates de l’ambassade de Corée du Nord ! De toute façon, il y a toujours plus que chez eux et ici, au moins, on n’en est pas réduit à bouffer de l’herbe ou de l’écorce pour survivre !

A Tchao !

Notre correspondant

Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 22:31
Salut compañero !

Bon, je ne vais pas en rajouter sur les aléas climatiques liés à ma proximité des tropiques, tu as vu de quoi il retournait sur ton poste et dans tous les baveux de France et de Navarre. Non, laisse-moi maintenant te narrer les petites choses du quotidien qui rendent ce pays si…euh…spécialement agréable à vivre.

Par quoi commencer ? Je me tâte (mais pas trop quand même pour ne pas tacher mon écran), c’est qu’il y a déjà tant à dire même (et surtout) si ça ne fait que quelques semaines que je suis ici.

Bon, on va commencer par la bouffe parce c’est quand même essentiel dans la vie. Eh ben figure toi, gros gâté que tu es, là à me lire tranquillement, bien calé sur ton fauteuil à t’empiffrer avec des chips ou autres saloperies du genre qui te font grimper le cholestérol en moins de temps qu’il te faudrait pour grimper à un arbre si tu étais poursuivi par un Rottweiler, figure-toi donc que c’est beaucoup moins évident qu’il n’y parait pour se sustenter convenablement ici.

En fait, on trouve de quoi manger, que ce soit dans les supermarchés (tiens, je t’en reparlerai de ceux-là, ça vaut un billet rien que pour eux !), les marchés agricoles et les restaurants, ce qui est difficile à obtenir, c’est la variété ! Les tomates ? En ce moment il n’y en a plus. Les patates ? Elles se vendent au marché noir…On se croirait en train de faire un plan shit dans une cité ou bien à la sortie du métro avec un mec qui veut te refourguer des montres, tu descends de voiture et tu as un type qui passe devant toi en chuchotant : « patates ? »*, « crevettes ? », etc. si tu opines, il t’emmène un peu plus loin, fouille dans les branches d’un arbre et en ressort les solanacées demandées. Quand je dis solanacées, il ne faut pas confondre avec les cucurbitacées qui sont toutes des salopes. Mais je m’égare encore et pas seulement d’Austerlitz…

Bref, tu l’auras compris si tu fais plus attention à ce que je dis qu’à l’émission pour mou du bulbe qui passe actuellement à la télé, c’est la lutte pour se nourrir…Au niveau du poisson, on pourrait supputer que Cuba étant une île, donc entourée d’eau, la pêche est garantie. Que nenni ! Pour pêcher autre chose que les machins traînant à proximité des rejets d’égouts et remplis de PCB et autres délicatesses, il faut s’éloigner un tant soit peu des côtes, et pour ce faire, être équipé, au pire d’une paire de palmes, au mieux d’un bateau… Et là mon coco, c’est pas possible ! Les autochtones n’ont tout simplement pas le droit de mettre ne serait-ce que l’ongle du petit orteil sur un truc flottant ! Verboten ! Il faut l’équivalent de l’annuaire de Mexico en épaisseur d’autorisations pour pouvoir prétendre monter sur un rafiot. Donc, comme je viens de le démontrer brillamment,  manger du poisson frais requiert des trésors d’ingéniosité alliés à des connections parallèles qui ferait pâlir de honte James Bond.

Voilà donc ton serviteur réduit à manger plus souvent que de coutume la même chose…Pour varier un peu, il y a les pizzas locales qui sont pas mal, et il faut aussi savoir que le poulet et le porc sont excellents ! L’ingéniosité des locaux faisant le reste, ces deux viandes se rencontrent cuisinées de manières très variées et ma pomme y retrouve son compte.

Donc, pas de boudin créole, pas de plateaux de fruits de mer (enfin, si, il parait que, mais j’ai pas encore le tuyau…), pas de poisson au barbecue (il est congelé…), bref, Waterloo, morne plaine ! Je sens que je vais me faire une orgie lors de mon premier séjour hors d’ici…

Aller, je te laisse, à parler de bouffe comme ça j’ai faim !

A Tchao !



*Pour plus de facilité, le Monsieur a traduit en français ! Merci qui ?


Notre correspondant

Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 20:45
Salut p’tit loup !

Bon, ben on s’en est pris un dans la gueule…Gustav, c’est un nom de popov ça, non ? Encore un coup tordu des Russkovs pour emmerder les Impérialistes. Ok, mais quid des pauvres ? Hein ! Nanmého !!!

Sic transit cyclonicus ! Le chien aboie et la caravane passe…En fait, c’est surtout la province à l’ouest de Cuba qui a dégusté ; les dégâts matériels sont assez sérieux, mais heureusement, pas de morts. Faut dire aussi qu’ils sont vachement actifs au niveau de la prévention ici. S’il y a eu des blessés, c’est que c’était des imprudents impudents qui n’en ont fait qu’à leur tête, donc, bien fait ! Na !

Dans la Capitale, peu de pluie, mais beaucoup de vent. Entre autre, vers 22h00 et des, il y a eu des rafales assez sévères qui ont fait trembler les vitres de mon salon, vitres qui sont prévues pour résister à des vents de 230 km/h quand même ! Il y a bien eu deux arbres déracinés dans notre ghetto de riches, quelques tuiles de la cabane de la piscine, mais c’est tout. Le groupe électrogène du centre a tourné 26 heures et on n’a pas eu de coupures, j’ai pu continuer à regarder un film sur l’ordinateur de Madame. Ah, si…j’oubliais…il y a quand même eu des victimes…Une hécatombe même ! Tous ou presque tous les tétards qui avaient été pondus dans la piscine avant l’ouragan ont été décimés…R.I.P. !

En fait, le plus grave dans cette histoire, c’est qu’en lisant les journaux du matin, le sort des insulaires de Jamaïque, de Dominique ou de Cuba, voire même de Haïti, eh ben ça leur en touche une sans faire bouger l’autre à tous les journaleux occidentaux ! Par contre, à peine le père Gustav avait-il fini son voyage touristique caribéen pour aller visiter le Grand Satan au Nord (il parait que c’est sa grand tante Kathrina qui lui a dit de visiter), alors là c’est le déluge (c’est le mot) d’infos toutes plus catastrophiques les unes que les autres…

Voilà mon oiseau des îles, te voilà rassuré sur mon sort. Il en faut plus pour me couper la chique !

Notre correspondant

Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 21:57
Salut toi !

Tu veux des nouvelles hein ? Tu crois encore tout ce que tu entends à la télé et tu me voyais déjà dormant sous une tente, attendant les secours. Ttttttt ! Rien de ça. Je me porte comme un loir, bien à l’abri dans mon chez moi (mais toujours sans meubles…).

Fay ? Hein ? Kézako ? Ahhhhh le machin qui est passé l’autre jour ! Ah ah ah ! Je me gausse, tu parles d’un cyclone, à peine un petit orage de rien du tout. Enfin, pour nous parce qu’en fait, il semblerait que ce soient les pauvres en Haïti qui aient souffert et après, le truc est parti narguer les oneagain du côté de Miami vice beach, chez les salauds de rénégats anti-socialistes.

Privé de télé, j’ai essayé de trouver une radio diffusant des infos ; pas facile ! Mais, à force de persévérance (c’est mon deuxième prénom), et entre deux stations spécialisées dans la salsa, je suis tombé sur Radio Reloj ! Une radio unique. Sur un bruit de fond d’horloge parlante (assez fort d’ailleurs le niveau sonore du bip, bip…) tu as une zigounette et un pilou-pilou qui alternent la lecture de flashs d’infos et qui donnent l’heure chaque minute !!! Bref, j’ai suivi la progression de la bonne fée Fay qui se trouvait alors chez les pauvres. Le type et la nana annonçaient juste que quelques campings avaient été évacués du côté de Guantanamo et de Santiago mais qu’il n’y avait rien d’extraordinaire. Quelques heures plus tard, j’apprenais de source sûre que la bonne Fay s’en allait jouer chez les contre-révolutionnaires. Ad Majorem Dei Gloriam, amen !

Voilà ma louloutte, te voici rassuré. Bon, je te bise, je vais aller m’enfiler un mojito à ta santé.

Notre correspondant.

Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 21:18
Eh ben ca y est, enfin, après des jours et des jours d’attente, un suspense insoutenable, une érosion lente et sûre de tes petits nerfs, je suis arrivé au paradis socialiste ! Ouf !

Bon, je ne vais pas te parler du voyage en lui-même, il n’y a rien à en dire, de toute façon, habitué que tu es à voyager avec le bétail en classe éco, je ne suis pas cruel, je ne vais pas te raconter le bonheur que c’est de faire des longs trajets en business ! Je ne vais pas non plus insister sur le service reçu à bord, champagne à volonté, qualité de la bouffe (en plus, tu n’as pas le misérable plateau fourre-tout et pas de place pour poser ton verre, non, non, là on te change ton assiette entre chaque plat !), etc. Non, non, je ne suis pas comme ça.

Voilà, arrivé à La Havane, à l’aéroport José Marti (tout, ou presque, s’appelle José Marti ici), la première chose qui frappe les sens, c’est…l’odeur. Je ne t’apprendrai rien en te disant que les dernières normes ISO en matière d’environnement dépassent complètement le Cubain moyen, et, tu as certainement vu que l’âge moyen des bagnoles est proche de celui des débuts de l’aviation commerciale, il y a des caisses inouïes qui roulent par…miracle ! Bref, tout ça pour te dire que, faute de pots catalytiques et étant donné l’âge du capitaine, ça crache une fumée noire et nauséabonde et que tu en prends plein les narines.

Ensuite, découverte immédiate de l’hospitalité locale et du…euh…service au client. Aïe ! Là, il y a anguille sous roche…c’est encore un concept un peu lointain dans un pays où c’est l’Etat l’employeur principal. Tu auras droit à un sourire si tu laisses un pourliche, mais ça ne veut pas automatiquement dire que tu auras un meilleur service la prochaine fois.
Bon, là j’exagère un tout petit peu car je ne me base que sur mon expérience qui est encore très limitée.

Que dire encore pour cette introduction ? La bouffe ? Le ravitaillement ? Je crois que ça va nous valoir des articles sur mesure tout ça ! Donc, prends ton mal en patience espèce de vieux carnassier sans vergogne, la suite viendra.

Bisous.

Notre correspondant.

Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus