Salut mon colibri !
Surprise ? Bonne j'espère. Oui, je sais que j'ai failli à mes obligations (?) et que ça fait un bail que je ne t'ai pas chatouillé les zygomatiques mais...euh…bon, c'est plus aussi facile qu'avant.
Non seulement j'ai eu l'Organisation sur le dos qui m'a demandé de lui pondre un tas de rapports pour mettre dans des jolis classeurs, eux-mêmes rangés dans de jolies armoires, et que personne ne
lira plus, mais en plus, je dois avouer que je me suis légèrement déshabitué et que, l'âge avançant, on rouille facilement…
Par où commencer ? Je t'avais laissé à mon retour du Brésil et…excuse moi, l'émotion m'étreint dès que je pense à cette terre lointaine où réside une partie de mon âme...pas mal d'eau a coulé
depuis. Tiens ! En parlant de Brésil, j'espère que ce post va motiver le paternel pour se décider, lui aussi, à pondre le premier tome de ses mémoires…Après tout, c'est mon héritage, alors, brève
aparté: "Papa, tu te remues s'il te plaît !!!!"
Donc, nous rentrâmes chez les barbus, retour au ghetto et me revoilà. En parlant de barbu, le barbu en chef – et accessoirement en survêtement Adidas© - que tout le monde disait mourant, eh ben il
va très bien, merci pour lui ! Il n'a pas arrêté de tailler des bavettes avec les leaders sud américains qui ont défilé ici. En pleine forme le FC ! Enfin, physiquement, parce que du côté du bulbe,
il se ramollit sévère ! Complètement gaga ce type-là…Et que je t'écris des diatribes enflammées sur la meilleure façon de jouer au baseball (niqués les barbus ! L'équipe de la Kommandantur s'est
faite éjecter en beauté par les Nippons qui ont fait rebelotte au World Classic) pour passer, au paragraphe suivant, sur son analyse de politique oneagain…
Tiens, en parlant de Kommandantur…Ils ont fait une razzia sur la vente, au black bien sûr, de satellites. Y a un tas de gars qui se sont fait prendre la main sur la télécommande et qui iront lire
la Pravda locale (le baveux en question s'appelle Grand-Mère…non mais je te jure !) pendant 3 ans à l'ombre ! Hop ! Circulez, y a rien à voir ! Toujours est-il, que cette agitation des forces de
l'ordre a créé un beau boxon dans la Capitale…Même au ghetto, il y a un gars – ma femme l'appelle KGB, rapport au fait qu'il a plutôt le look Slave que Latino et qu'il est aimable comme un
militaire Nord Coréen en faction – qui est venu m'importuner à propos d'antenne satellite ! Que je te narre ça:
KGB: "J'ai appris que tu (tout le monde tutoie tout le monde ici, c'est plus…révolutionnaire) avais une antenne satellite…"*
Je: "vi…et alors ?"
KGB: "Tu sais qu'il faut une autorisation pour cela, en plus, on ne peut pas mettre la parabole n'importe où, il y a un endroit spécial sur le toit"
Je: "Vi, et alors ?"
KGB (s'énervant): "Et alors, tu as la licence pour le satellite ?"
Je (impassible): "Non puisque je n'ai pas le satellite, j'ai juste une parabole"
KGB (sonné): "Hein ? Mais…euh…tu as bien une télé, non ?"
Je (zen): "vi, pour regarder des DVD parce que la télé locale, non merci !"
KGB (reprenant du poil de la bête): "Euh…oui…mais bon, attention hein ! Tu ne peux pas mettre l'antenne n'importe où !!!"
Je (haussant le ton): "Ecoute, de un, j'ai compris, de deux, ce que je fais, ou ne fais pas chez moi ça ne te regarde pas"
KGB (outré): "Ah mais si, tu as signé un contrat et c'est écrit que tu ne peux pas faire de dégâts et…"
Je (fatigué et pour clôturer ce dialogue): "Oui, et comme je te l'ai déjà dit avant, la parabole n'est pas fixée, elle est là pour raisons décoratives et si moi j'ai signé un contrat, ta
Kommandantur, elle, a signé la Convention de Vienne, donc, merci pour le message, si jamais je décide de brancher le satellite, je te ferai signe, Salut !"
Namého !
Et donc, ton serviteur peut sereinement continuer à regarder quelques unes des 300 chaînes disponibles sans censure. Bon, ma blonde n'est pas vraiment à l'aise quant à tout cela, mais je lui ai dit
et répété qu'il n'y avait aucun souci à se faire et que si, chose improbable, KGB se pointait à la maison, qu'elle ne le laisse pas entrer.
Sinon, l'hiver est passé, les températures remontent et nous sommes allés à la plage, j'ai même pris un coup de soleil ! D'ailleurs, je te laisse, je vais enfiler mon bermuda et siroter un mojito
sur ma terrasse, à côté de ma parabole décorative !
A Tchao !
* Afin de faciliter la tâche à certains mous du bulbe qui n'auraient pas étudié la langue de Cervantès à l'école, l'auteur retranscrit donc ce dialogue dans celle de Molière…
Notre Correspondant